Nez Rouge ou la chasse-gardée

Publié: vendredi 31 décembre 2010 dans Inutilité

Même si j’ai célébré la veille, je me lève tout d’même tôt afin d’être à l’heure au centre-ville pour la répétition de chorale avant la messe qui, elle, est célébrée à 11h00. Inutile de vous dire que maintenant rendu à 20h00, ça ne me tente guère de commencer une ‘nouvelle journée’. Ma frangine tant qu’à elle se tape son deuxième allée-retour Laurentides-Montréal en 24 heures. Mais qu’à cela ne tienne, ma sœur et moi on se donne un p’tit coup d’pied au cul, sachant très bien qu’une fois sur place, on va être fières et contentes de s’être déplacées pour effectuer cette belle B.A.-là.

On m’avait dit à quel point ça faisait du bien de se sentir ainsi utile en étant bénévole pour eux. On m’avait dit à quel point c’était l’fun de ‘travailler’ à la Centrale. Foutaise! Fou-tai-se! Fouuu-taiii-seee!

À notre arrivée à la Centrale, le cégep du Vieux-Montréal, notre première réaction : ouf, que de souvenirs. (On y a toutes les deux ‘étudié’.) Deuxième réaction : barrées. Barrées? Hein? Les portes sont barrées stie! Fauchées, on avait choisi de se garer au coin des rues Sanguinet pis Ontario ˗ d’où on a pu d’ailleurs y admirer les plus gros pétards du feu d’artifice qui avait lieu dans le Vieux-Montréal ˗ au lieu d’utiliser le stationnement payant du cégep (8 $). Mais kessé faire avec ces foutues portes barrées-là? Pas l’choix : direction parking! Une fois le char stationné au chaud dans un espace lugubre que ma sœur craint autant qu’une éclosion de cas de gastro-entérite dans les écoles de ses flots, on marche même si on ne sait pas vers où se diriger, comme si on avait été abandonnées le soir au beau milieu d’une forêt inconnue. (J’ai comme en tête l’image d’un conte des frères Grimm moi-là!) En bas? En haut? Vers le fond? Coudonc, sont où les ascenseurs? Est où la sortie qu’il faut emprunter bout d’viarge?! Qu’une vulgaire affiche 8 ½ X 11 collée sur le coin d’un mur qui mène sur rien et qui indique que l’Opération se déroule au local 4quelque chose. 4quelque chose…, en haut alors! Marche. Marche. Porte barrée. Porte barrée. Je vous rappelle qu’on est deux filles dans un stationnement intérieur le soir de Noël ˗ s’il y a un gardien dans la baraque, y’a fort à parier qu’il est en train de s’taper une pointe de pizz’ devant sa page Facebook!! Toutes les portes sont barrées, ben coudonc, on va aller revérifier les portes extérieures, d’un coup qu’elles se seraient magiquement débarrées, abracadabra… Kbrrr, kbrrr. (Bruit des portes barrées que ma sœur tente d’ouvrir.) On décide donc de redescendre au stationnement et c’est à ce moment que je commence à fichtrement regretter ma décision d’avoir mis des bottes à talons hauts! On y rencontre trois autres bénévoles qui, eux, semblent savoir où ils s’en vont. Le bouton magique enfoncé, c’est alors que l’employé de sécurité se décide de débarrer une porte, l’une de celles que ma sœur avait tenté d’ouvrir kek’ minutes plus tôt, sans succès ˗ ha ce que cet exclu de Nicolet a dû se bidonner en nous regardant sur ses écrans, non pas sa page Facebook finalement! Vite, vite, faisons de la marche très rapide, voire au galop afin de rattraper le petit troupeau mené par cette bénévole qui semble crissement pressée de bénévoler, à ce point tel qu’elle nous ferme presque la porte d’ascenseur au nez à ma sœur et moi. Wow, ça commence définitivement bien la soirée tout ça!

Une fois à l’étage 4, pas personne pour nous recevoir. Pas qu’on s’attendait au tapis rouge pis toute mais on croyait qu’on allait tout de même être prises en charge dès notre arrivée. On fait alors comme tout l’monde et on se dirige vers la cafétéria où on y retrouve de quoi grignoter, de quoi à boire et des mâles en rut. C’est vraiment pas ça qui manque d’ailleurs, tellement qu’on se croirait au Lovers Disco Club et je commence à largement regretter ma décision d’avoir mis ce top un peu trop moulant et échancré! L’un de ces mâles revient d’ailleurs d’une petite marche avec un billet rouge dans les mains. C’est le signal d’alarme : tous se ruent vers l’endroit qui semble être le centre nerveux de la Centrale. Ma sœur s’inquiète de voir tout ce monde attendant en ligne pour s’inscrire puisqu’elle a été informée auparavant, via téléphone, qu’elle allait être assignée aux inscriptions! Comment aider tous ces gens si on ne lui a pas montré quoi faire avant leur arrivée?…

Voyant que ça m’a l’air d’être une organisation pas pantoute organisée et que ça branle un peu trop dans l’manche à mon goût, j’en profite donc pour aller au p’tit coin. À mon retour, ma sœur et moi allons probablement en avoir le cœur net j’cré ben. 2-3 minutes plus tard, j’arrive à une table derrière laquelle ma sœur se tient debout avec une cocarde identifiée à son nom dans le cou. Merde, j’ai finalement manqué d’quoi en allant pisser! Celui qui semble être en charge ne daigne même pas me souhaiter la bienvenue lorsque ma sœur me présente à lui, lui mentionnant que je suis là aussi pour être bénévole à la Centrale, non pas sur la route. Il continue de donner une simili-formation à ma sœur. Je suis là, debout devant eux, de l’autre côté de la table, dépourvue de ma cocarde, déplaçant un objet imaginaire du bout des pieds. (Maudit que j’aurais pas dû mettre ces fichues bottes-là.) J’ai cet air de l’adolescente, vous savez, celle qui se fait choisir en dernier dans le cours d’éducation physique lors de la formation des équipes. J’me sens déjà de trop ˗ la soirée va être longue! Pfft, j’attends pas l’invitation, même si ma sœur roule déjà des yeux derrière celui qui lui explique par quatre chemins ce qui se fait aisément en ligne droite, je m’invite et pis je m’installe de l’autre bord de la table. Y’a des limites à pas se faire prendre en charge! Le mec rend l’information de niveau préscolaire si compliquée que ma sœur et moi on plisse des yeux et du front en arrière de lui. (J’vais probablement avoir besoin de Botox à cause de lui d’ailleurs.) Notre coach part. Heu. Ok. Bye! Le téléphone sonne. C’est moi la plus proche de l’appareil. Fuck. Humm, je suis supposée répondre quoi tu crois chère sœur? Je laisse sonner. Ah, tiens, ça fonctionne : notre prof improvisé revient! Ben non, j’ai pas répond au téléphon. Mettons que ça serait pratique que tu nous dises quoi répondre. Que tu nous spécifie à qui transférer les appels. Que tu nous mentionnes aussi comment mettre les appels en attente. Les p’tits détails futiles quoi! Pas que je sois tentée de répondre «Yo! Wassup? T’es fuckin’ chaud man?» mais ça serait l’fun d’au moins savoir si cette ligne-là est celle interne ou celle externe en contact direct avec les utilisateurs du service de raccompagnement. Le mec ne tient pas compte de ma demande. D’ailleurs, j’ai toujours pas ma maudite cocarde. J’existe tout simplement pas à ses yeux. Dommage que ce soit pas la même chose avec les mâles en rut qui viendront me demander à plus d’une reprise au cours de la courte soirée ˗ stie ˗ si je veux aller faire de la route avec eux! Notre super précepteur du dimanche quitte à nouveau. Ma sœur profite de son absence pour me faire mon étiquette à glisser dans la cocarde : quin toé! Oh non, les filles savent comment se servir non seulement d’un ordi mais aussi d’une imprimante? Mouaaa, attention les boys, danger, ces filles-là sont une réelle menace pour nous.

Oups, ma sœur fait la gaffe d’envoyer le même fax deux fois ˗ jusqu’à ce jour, j’sais toujours pas d’ailleurs si c’était voulu pour pas faire trop peur aux gars, pour pas qu’ils croient qu’on était là pour leur voler leurs ‘jobs’, comme s’il s’agissait d’emplois de cols bleus bien rémunérés et full avantagés ˗ mais ça fait paniquer notre efficace formateur qui est de retour. Oh non, les messieurs d’la police vont recevoir la demande de vérification policière deux fois plutôt qu’une? Bonjour la police. BON-JOUR la police. Vilaine grande sœur! Une fois les gouttes de sueur épongées, notre compagnon de fortune quitte à nouveau et nous laisse là toutes seules, cachées derrière des cloisons, à nous tourner les pouces devant des ordinateurs que l’on pourrait bousiller à notre guise ˗ entendu que l’on en serait capables ˗, on est là à ne rien faire devant une panoplie de formulaires sur lesquels on y retrouve tout plein d’informations que l’on pourrait vendre pour une somme coquette sur Internet. (Noms, adresses, numéros de téléphone, adresses courriel, dates de naissance, numéros/expiration des permis de conduire, noms/numéros/expiration des polices d’assurance auto, signatures, raisons des refus suite aux enquêtes policières.) On est laissées là sans surveillance devant la pile de billets vierges qui permettent, une fois glissés dans une belle boîte de cartron, d’avoir une chance, que dis-je, des diiiizaines et des dizaines de chances de pouvoir mettre la main sur un forfait tout-compris dans l’Sud et je vous rappelle que ma sœur pis moi, on sait comment se servir de l’imprimante qui est là à ne rien faire, elle aussi, devant nous! On n’a définitivement pas l’âme crosseuse car on pourrait faire bien du dommage mais ma sœur est plus préoccupée à se souvenir comment jouer à tape-tape dans les airs plutôt qu’à se donner plus de chances de s’envoler vers Cuba ou d’engrosser illégalement son compte en banque.

L’un des boys qui semble être le moins peureux du groupe a pitié de moi et me donne une tâche à accomplir lorsqu’il ne sera pas devant son ordi pour la faire : attribuer une mission aux équipes qui sont prêtes à aller sur la route. Yes. Enfin. De quoi à faire! Et pis c’est suuuuuper compliqué car il faut juste sélectionner celles qui proviennent de la Centrale, non pas celles d’ailleurs et aussi, il faut donner une ride avec un char à transmission manuelle qu’aux conducteurs qui savent chauffer manuel. Ouuuuu. Duuuuuh! Les appels des clients ayant bu rentrent gaiement depuis 21h00 mais vu la lenteur à embrayer cette soirée-là toute la lourdeur administrative de l’Opération, ils s’accumulent car les équipes de bénévoles sur la route deviennent disponibles aussi rapidement que la vitesse à laquelle un illettré complètement soûl peut terminer une dictée de Bernard Pivot. Si jamais un jour vous vous demandez ce qui peut bien prendre du temps à l’équipe d’Opération Nez Rouge pour venir vous chercher, vous l’savez maintenant! N’envoyez surtout pas chier les braves qui ont pris la route pour vous rendre service mais plutôt les zoufs qui font semblant de rusher fort à la Centrale. Votre appel est important pour vous…!! Tiens, une mission d’attribuée à une équipe enfin formée et prête à partir. Wooo-ooo, ça commence vraiment. La dernière partie de ma super tâche est de donner à l’équipe de bénévoles la feuille qui s’imprime à une autre imprimante ˗ fouillez-moi pourquoi. Je vais la chercher une fois. Tout se passe bien. On est loin de multi-tasker ici ce soir m’enfin, c’est déjà mieux et plus occupé que vlà 1h15 de d’ça. Autre assignation de mission. Autre feuille qui s’imprime. Ah ben là, ça passe pas. Le ‘yo’ de bénévole devant l’autre imprimante n’est pas content : ça semble être son job à lui que de s’occuper de cette feuille-là. Ben là, désolée mon homme, on me l’avait pas dit, j’voulais juste bien faire pour compléter mon processus d’attribution de mission ˗ j’ai tsé comme c’te pas nice de défaut-là de vouloir full finir c’que je start. Yo, chill up dude! Le truc que je réalise assez vite merci c’est que le gars, une fois la feuille dans ses mains, au lieu de lever son cul pour aller rencontrer l’équipe pour la leur donner et leur souhaiter bon trajet, il la call au micro. Rock star wannabe

Y’é où déjà notre efficace de coach qui pourrait peut-être nous confirmer qu’on est dans une centrale syndicale et non pas celle de Nez Rouge? Ah, le revoilà. Y’était parti checker la cuisson des hot-dogs pis des tourtières. Une vraie farce pis ma sœur et moi, on est les dindes ça l’air! Pour rester dans la thématique de bouffe, on se sent aussi utiles qu’une fourchette à fruits de mer pour vider un beau gros bol de crème de poireaux! On est définitivement de trop dans cette chasse-gardée-ci. On est le 25 décembre, on veut donner gratuitement notre temps pis on nous traite ainsi? Fuck off. C’est donc après avoir enduré tout ça pendant 1h30 qu’on décide de sacrer notre camp. Et pis ça vous surprendra pas hein si j’vous dis que personne tente de nous retenir?!

Un arrêt pipi s’impose avant de quitter, question d’évacuer le méchant et Dieu sait qu’on en a accumulé en nous du méchant depuis près de 2h00. Chacune dans notre petit confessionnal :

˗ Non mais j’en r’viens crissement pas. C’est quoi ça c’t’organisation-là?

˗ N’importe quoi. En tout cas, sont mieux d’pas nous faire payer 8 piastres pour le stationnement.

(Hors bécosses)

˗ Tenez les filles. Votre billet jaune pour pas payer le stationnement. (Et là, notre inoubliable instructeur prend un bon 3-4 minutes pour nous expliquer comment faire avec le p’tit ticket jaune, comme s’il s’agissait de nous faire absorber une théorie complexe d’Einstein.)

Allez la sœur, bottes à talons hauts ou pas, s’il le faut, je vais courir pour partir d’ici. Fuir la vielle sorcière qui bouffe des enfants. Baon. Pourquoi l’équipe de bénévoles sur la route est là devant nous, devant une porte close? Pourquoi ils sautent dans les airs devant le détecteur de mouvements? Diantre. Pas une autre stie d’porte barrée? (Je peux comprendre le pourquoi du principe de la porte barrée de l’extérieur mais pas de l’intérieur. Hyper pratique en cas d’incendie! Bonjour les pompiers. BON-JOUR les pompiers.) Au moins, c’est pas une porte de four… C’est seulement après avoir réalisé que ça fonctionne pas que la gardienne de sécurité qui est là à nos côtés se décide de caller de l’aide grâce à son CB et que, comme par magie, Sésame, la porte s’ouvre enfin!

Soulagées, dans la bagnole, rendues maintenant au coin des rues de Maisonneuve Ouest et Jeanne-Mance :

˗ Hey checke ça. (En pointant vers la gauche.)

˗ C’est quoi ça? On va voir? On va voir!

Et c’est ainsi que ma sœur et moi finissons notre soirée de Noël. Les grosses boules sont belles. L’air est frais. Les enfants présents rigolent. Et pis, surtout, y’a pas personne pour refuser notre aide!

Joyeuse arrivée du nouvel an. Soyez prudents sur la route.

n.b. cette mésaventure n’est fort probablement pas, je l’espère!, représentative de ce qui se passe tout l’temps au sein de cette précieuse et importante Opération-là et n’est que le reflet de ce que ma sœur et moi y avons vécu le 25 décembre 2010.


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commentaires
  1. Chérie dit :

    ouain , j,espère que ton message sera entendu kek part et qu’ils auront la chance de lire ton billet loll

  2. Chiquita dit :

    OMG!!! Moi qui pense depuis quelques année à aller faire du bénévolat pour cet organisme!!! Pas fort comme organisation! lolll
    Au moins vous êtes passées à l’action! Vous pourrez choisir un autre organisme pour l’an prochain… lolll
    Les grosses boules illuminées, je les ai vues hier soir pour la 1ère fois, c’est ma-gni-fi-que!!! J’étais contente de vois tes photos car hier soir je regrettais de ne pas avoir ma caméra avec moi.
    Bonne année 2011!

  3. Sara dit :

    Chérie : j’ai envoyé le lien au journaliste Patrick Lagacé et je suis très tentée de l’envoyer aussi à Monsieur de Koninck.

    Chiquita : peut-être sommes-nous tombées sur un mauvais soir quoique les boys semblaient être là en tant que ‘base solide’, non pas comme bénévoles occasionnels. Et on leur a dit en quittant qu’on resterait chez nous l’année prochaine.

    Ça nous aura au moins fait voir de super belles boules. On aura pas perdu entièrement notre soirée. Bonne année à toi aussi.

  4. Nelson dit :

    J’ai déjà fait nez Rouge à Gatineau il y a quelques années et ce n’était vraiment pas comme ça, pas parfait comme organisation mais rien de désaréable. Peut que l’organisation de Montréal est trop grosse pour la capacité de l’organisateur en chef.

    Au risque de me répéter, les bénévoles sont mis dans des fonctions selon le temps qu’ils peuvent donner et non selon leurs capacités hors dans toutes mes expériences de bénévolat il y a beaucoup de gens qui sont mis dans des positions dont ils ne peuvent assumer toutes les reponsabilités. La seule mise en demeure que j’ai reçu dans ma vie fut suite à une expérience de bénévolat ou un incompétent dans l’organisation à emprunter le logo d’une autre organisation sans demander la permission, résultat menace de poursuite de la part de l’organisation avec mise en demeure de tout les membres bénévoles dont les coordonnées étaient disponibles.

    Depuis ce temps je m’implique pas trop, juste assez pour être utilse mais pas assez pour devenir responsable de quelque chose ….. juste au cas ou un autre imcompétent pensant bien faire oublierait quelque chose d’important

  5. wello650 dit :

    Un seul mot : Ayoye

    Oh et puis, pas pires, les boules, tes propres photos sont appréciables, pas que les Getty soient mal choisies.

  6. Sara dit :

    Nelson: non mais quelle histoire incroyable!

    wello650: les photos de soir au frette, ce n’est pas l’idéal, surtout pas avec un appareil moyen comme le mien mais dans ma tête, les images sont claires et belles (il y avait aussi des sons, de la musique à cette installation-là). Tu aimerais ça.

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