Les bonDieuseries: l’explication

Publié: samedi 4 avril 2009 dans C'est aussi ça la vie, Moi en couple? vraiment?

J’attendais de savoir avant de voir si j’allais vous expliquer ou pas ma haine envers les bonDieuseries en ce moment. Maintenant je sais…

Il y a exactement trois semaines de ça, j’appelle Bad Boy pour lui dire que je quittais, en route vers chez lui. Il pleure et me rappelle 2-3 minutes plus tard:

– Sara, y’a quelque chose que je dois t’avouer, j’fais d’la coke
– [blablabla] faque, ça fonctionne toujours pour ce soir?

Quand je suis arrivée chez lui ce soir-là, un Bad Boy aux yeux embués de larmes et aux bras grand ouverts m’accueillait en me lançant un:

– Hostie que j’t’aime toi!

Bien sûr que c’était une surprise de savoir que mon chum se remplissait les narines de poudre blanche, que c’est que son cash disparaissait étrangement. Mais ça ne changeait en rien le gentil homme qu’il avait toujours été avec moi, d’autant plus qu’il voulait maintenant s’en sortir, ça aurait été idiot et égoiste de ma part de lui renfoncer la tête sous l’eau au moment où il voulait refaire surface…

Le mercredi de sa première semaine de thérapie, j’attendais son appel. C’est sa mère qui m’a donné des nouvelles de Bad Boy (il n’avait pas vu son 15 minutes d’appel fondre à cent mille à l’heure). Le samedi suivant, lors de la visite de la semaine, je lui ai demandé si c’était voulu, le fait qu’il ne m’ait pas rejointe mercredi. Non. J’ai voulu ensuite me faire rassurer que nous formions encore un couple. C’est là que les bonDieuseries sont embarquées:

– Sara, je vis mon 24 heures à la fois. Je ne sais même pas ce que je vais vouloir demain. Je ne sais même pas quel genre de Bad Boy je vais être à la fin de ma thérapie. Ça se peut qu’en sortant d’ici, je ne veuille pas de blonde pis ça se peut que je te demande de déménager avec moi (il en était question la veille de son départ).

Le mercredi suivant, je n’ai pas attendu son appel. Sa mère m’a appellée pour me parler de Bad Boy et de son ‘évolution’. Il lui a dit qu’elle ne reconnaitrait pas le Bad Boy qu’il était en train de devenir. Rien de surprenant pour moi car à la visite du samedi, j’avais déjà remarqué les changements en lui. Il parlait comme le font les plus ‘brainwashés’ des groupes AA et cie. Plus il parlait et plus je me sentais comme une grosse menace ambulante car je lui offrait la possibilité de deux dépendances: l’amour et pis le sexe, deux monstres terribles dont il faut se tenir loin, supposément, quand on sort de thérapie. C’est super correct de faire des meetings 7 jours sur 7 mais il ne faut surtout pas vivre l’amour, pire, le faire!

Aujourd’hui, jour de visite, je suis……. chez moi lorsque mon cellulaire sonne:

– Sara, c’est Bad Boy [blablabla] ma mère m’a dit que ça te faisait de quoi que je ne t’aie pas invitée aujourd’hui [blablabla] plus que je vais ressentir de pression, plus je vais vouloir me tenir loin de toi [blablabla] je vis de l’égocentrisme énorme [blablabla]

Cette semaine, j’irai chercher mes trucs chez lui (note to self ; ne pas oublier mon riz!). Il n’a pas définitivement mis une croix sur notre couple mais comme les bonDieuseries lui dictent de faire ces temps-ci, il mise tout sur lui, y’a pas de place pour personne d’autre, j’suis pas nunuche. Ni masochiste!

Est-ce que ça me fait de la peine? Énormément. Se faire rejeter car on est une Germaine, une emmerdeuse, ça peut se comprendre. Mais se faire mettre de côté à cause que le bon Dieu ne veut pas que l’on abuse des bonnes choses, dans ce cas-ci, une relation sérieuse et sexuée, ça se comprend moins facilement… Même que pour être honnête avec vous, j’la comprend pas pantoute!

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commentaires
  1. SuperCath dit :

    Ouf!! C’est pas facile pour toi tout ça!
    J’ai connu quelques personnes qui sont passées par les AA, NA ou par une cure de désintox ou autre thérapie du même genre et je dois t’avouer que j’ai trouvé un point commun à toutes ces thérapies :
    Bien qu’elles fonctionnent (pour ceux qui le veulent vraiment, on s’entend!), j’ai souvent eu l’impression qu’on incite les gens à troquer leur dépendance aux substance pour une étrange dépendance à Dieu…

    Je dois avouer que j’ai beaucoup de difficulté à bien comprendre tout ça moi-même… Le fait que je ne sois absolument pas croyante ne doit pas aider, bien sûr, mais je me demande si une psychothérapie ne serait pas plus appropriée que ces bonDieuseries?

  2. Sara dit :

    SuperCath: c’est le retour sur terre qui risque de fesser fort. Je lui souhaite tout le courage dont il aura besoin pour faire face à la vraie vie, lorsque le bon Dieu sera occupé à ‘brainwasher’ d’autres cokés… Je trouve ça triste, bien plus pour lui que pour moi

  3. Anne-Julie dit :

    J’suis sincèrement désolée pour toi Sara.
    Bonne chance
    take care
    AJ

  4. Jean dit :

    Bonjour, c’est spécial comme technique de désintoxe… à titre d’info… dans certains endroits, ils reçoivent les gens qui sont des proches de la personne en désintoxe et qui en fond la demande pour les aider à traverser l’épreuve et pour qu’ils puissent venir en aide à la personne qui a une dépendance à la coke ou à la boisson. Je sais que pour ce qui est de la coke, la personne peu décider de ne plus en prendre et avoir ce qu’il appelle je crois un « craven », c’est à dire un besoin immédiat de consommer de la coke et c’est incontrôlable… mais pour le sexe, c’est pas supposé être un remêde…

  5. wello650 dit :

    La poudre? ahhhh tabarnak…
    *hangs head in defeat*

    Son cas, je pourrais m’en foutre, je le fais donc. Il suffit d’essayer une fois pour facilement voir que c’est une issue sans issue, un sale cul-de-sac, à moins d’être milliardaire et ici, je fais fi des effêts de déprime du lendemain (go high, get low).

    Mais je suis désolé pour toi, quoique les effêts du brainwash sont temporaires et les cas de rémission nombreux. Il te reviendra peut-être, car il n’a seulement qu’une habitude à perdre.

  6. Julie dit :

    Je ne veux pas répéter les commentaires des autres. Bonne chance à toi dans toute cette épreuves.

    J’ajouterais simplement que pour avoir été sexuellement en relation avec un homme sur la coke, je me suis rendu à l’évidence que sans la coke, l’homme en question n’aimait pas vraiment la baise. Alors quand tu mentionne que votre relation était sexué, j’y vois une tentacule de la pieuvre qu’est la coke dans la vie du dépendant. Par contre, je crois qu’on peut se sortir de l’indépendance de la coke, autant pour faire nos journées au boulot que pour arriver à une vie sexuelle saine et plus « traditionnelle ».

    Alors bonne chance à lui aussi parce qu’il reste un maudit bon Bad Boy si par ta seule présence dans sa vie, il a eu l’énergie pour entrer en thérapie.

  7. Duchesse dit :

    Sara je te souhaite la meilleure des chances dans cette épreuve , moi je croit qu’il va s’en sortir plus fort et qu’il va encore t’aimer . Présentement il doit consacrer toute ses énergies à se sortir de son problème de dépendance mais après si la thérapie fonctionne bien pour lui , watch out le bon bad boy qu’il va devenir pour tout son entourage y compris toi j’en suis presque certaine .

  8. Il ne faut pas trop blâmer les bondieuseries qui font partie du programme des AA. J’ai connu des tas d’amis qui se sont rendus compte qu’ils ne se sortiraient jamais de leur dépendance sans les AA qui, malgré tous leurs clichés, connaissent un taux immense de réussite. Parmi ces amis, quelques-uns ont accroché au message divin, d’autres, la majorité, pas du tout. Ça dépend de comment chacun est articulé. Le plus grand problème des toxicomanes, c’est la dépendance, pas la substance. Malheureusement, la plupart sont souvent poly-dépendants et l’une des dépendances les plus communes qui les accompagne, c’est la dépendance affective. Ces gens-là recherchent les relations pour compenser des tas de manques. Sara, je sais que c’est dur mais en ce moment, il a le deuil à faire de ses dépendances. S’il y parvient et s’il voit que les raisons pour lesquelles il s’est attaché à toi sont légitimes et pas liées à une dépendance, il pourra refaire le chemin. En attendant, laisse-lui le droit de son parcours de guérison. J’ai vu les plus brillants esprits de ma génération se transformer en bouette à cause des abus de substances et c’est tragique.

  9. l-p dit :

    Je ne vois pas c’est quoi les bondieuseries là dedans. Il a BESOIN de thérapie et de se retrouver en lui. Un jour à la fois n’est pas l’affaire du bon dieu mais bien d’une seule personne qui doit « se refaire ».
    My 2 cents

  10. Sara dit :

    Anne-Julie: merci.

    Jean: je crois qu’il est très sain, voire intelligent de supporter les supporteurs (informer l’entourage des personnes en thérapie afin qu’il agisse adéquatement avec elles).

    wello650: me revenir, fort probablement mais dans quel état. J’aimais beaucoup le bad boy d’avant, pas celui qui parle comme un thérapeute!

    Julie: je ne crois pas que ma présence ait joué dans sa décision d’aller en thérapie. M’enfin, si c’est le cas, j’aimerais qu’il m’en fasse part un de ces 4. Quant au sexe après le sevrage, je sais déjà que ça risque d’être ‘débandant’ (mauvais jeu de mots, scusez-là!).

    Duchesse: tu as raison, c’était déjà un super bon bad boy, c’est pour ça que ça me fait de la peine de devoir m’en séparer.

    Marc Desjardins: je connais des membres de ces fameux mouvements-là (NA, AA). J’te dirais que la plupart d’entre eux ne croient pas au bon Dieu. Ma situation, c’est que là, en ce moment, deux semaines après son entrée en thérapie, je suis face à un Bad Boy qui a vu la lumière, qui a remit ça dans les mains d’une puissance supérieure, etc. Samedi lors de ma visite, j’ai eu droit à un Bad Boy qui parlait comme un thérapeute. Je sais pertinemment qu’il va un jour redescendre de son nuage, en souhaitant qu’il retombe dans la sobriété, non pas la consommation, reste à voir si à ce moment, s’il veut de moi, si moi je voudrai de lui.

    l-p: je sais que mes extraits ne faisaient pas trop dans les bonDieuseries. Fallait être présents samedi dernier pour voir le changement flagrant dans ses paroles. Un peu comme si ton gars se mettait à te parler en mandarin, ça fait weird en hostie! Je comprends le 24 heures à la fois, plus que tu ne peux te l’imaginer…

  11. Stephane dit :

    God I hate the 12 steps things…

    Ça a pratiquement salopé mon enfance ces histoires, pour de multiples raisons, et j’ai une intolérance incroyable envers ces béquilles de ‘Un jour à la fois’

    That really sucks for you.

  12. Sara dit :

    Stephane: une Puissance Supérieure, un 24 heures à la fois, deux choses tellllllement réalistes…!!

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