C’est bien connu, novembre est le mois des morts. Novembre pour moi est en avril.
Je hais quand cette date-ci tombe un samedi. Parce qu’il y a 11 ans de ça, par un samedi matin ensoleillé, mon copain répondait à un appel qui nous avait réveillés à 7h30. Un appel dont on aurait grandement préféré se passer.
Je me souviens de la scène comme si c’était hier quand mon copain m’a annoncé, encore sous le choc, incapable de concrétiser ce qui venait de se passer, que mon ‘père’ était mort. Ça s’est déroulé comme dans les films: j’ai nié – non, nooooooon – et je me suis effondrée en larmes et en cris sur le plancher de la chambre. Je ne me souviens pas du tout de ce qui est arrivé durant le déplacement entre où l’on habitait et chez ma mère: amnésie totale de ce moment en particulier.
Je me rappelle très bien par contre d’être allée chez ma grand-mère qui habitait en face de chez ma mère après avoir trouvé la maison de cette dernière totalement vide. Ma grand-mère apprenait de ma bouche frémissante l’horrible histoire qui venait de s’écrire. Je garderai aussi en mémoire, à tout jamais, l’image de la chambre où mon père a rendu l’âme: le lit défait, les draps souillés, les rideaux fermés, les enveloppes par terre des trucs que les ambulanciers avaient utilisés pour tenter de lui sauver la vie.
11 ans déjà, bordel que le temps s’envole vite! Et pis, comment c’est la vie de héron? Tu me manques même si je sais que tu es là, en moi, dans mon cœur.
Il y a 11 ans exactement, le couple de ma mère connaissait une fin abrupte, déchirante. Aujourd’hui, Bad Boy sort de sa thérapie. J’ai un mauvais feeling. Novembre pour moi est en avril.